CCI Evreux

Evreux, France, 2011

Fiche Technique

Type

tertiaire

Lieu

Evreux, France

Maître d’œuvre

Architecture : enia architectes
Ingénierie : IOSIS Centre Ouest
Etudes environnementales : ELIOTH
Paysage : Géovision

Chef de projet : Gaetano Giuliano

© photographies

Jérôme Epaillard

Surface

5 000 m²

Montant

6 M€ HT

Programme

Construction du siège de la Chambre de Commerces de l’Eure : ERP comprenant des plateaux tertiaires, espaces de documentation, centre de conférence, espaces d’exposition

Mission

Mission complète

Statut

livré

Date

2011

Approche environnementale

Objectifs de consommation : 73kWh/an/m²
Enveloppe performante : 
isolation par l’extérieur
ouvertures limitées
brise soleil
vitrages basse émissivité

Toiture végétalisée

Pompe à chaleur sur sonde géothermique
Cellules photovoltaïques en toiture

Choix des matériaux : 
bois éco certifié
brique blanche 

Lauréat du programme «j’agis pour la basse conso» inscrit dans le cadre de PREBAT (programme de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans le bâtiment).

Situation urbaine

Le projet d’hôtel consulaire s’implante au cœur d’une zone d’activité, en entrée de ville et au bord de la RN13. Le choix de ce site exprime à lui seul les enjeux de l’opération : accueillir un bâtiment opérationnel, en lien direct avec les entreprises, s’affichant comme un événement institutionnel majeur de la ville.

Le programme est constitué de deux entités : le siège de la chambre de commerce et l’espaces conférences, lieu de rencontres et d’expositions. L’implantation et la volumétrie du projet reflètent cette dualité :

  • la ligne composée des bureaux de la chambre affirme une rigueur et une précision à l’image de l’institution
  • l’espace conférence s’offre à voir comme un paysage bâti mis en scène  dans un écrin.

Le projet

Nous avons choisi d’exprimer la structure même du programme par une figure architecturale claire et unitaire qui se déploie en équerre sur la parcelle. L’espace consulaire s’implante le long de l’avenue Churchill, et l’espace conférence se retourne vers le nord. Les halls articulent ces deux entités fonctionnellement autonomes mais intimement liées.

La majeure partie des parkings a été repoussée en fond de parcelle, au profit du parvis, entre l’espace consulaire et l’avenue, largement végétalisé et bordé d’un bassin.

En quittant la RN13 et empruntant l’avenue Churchill, on perçoit la façade Est  qui met en scène l'espace conférence qui s’offre à voir derrière une large vitrine.  

Perpendiculaire à ce volume, l'espace consulaire, puissamment ancré au sol émerge au dessus de ce paysage architectonique.

Il constitue un front bâti à l'avenue et s’impose ainsi au regard avec rigueur, simplicité et clarté.

Ses façades, isolées par l’extérieur, sont constituées de briques maçonnées blanches et sont précisément composées pour ménager dans chaque bureau des vues vers le ciel, le sol et l’horizon, tout en contrôlant les apports solaires.

L'articulation de l'espace consulaire et de l'espace conférence constitue l'entrée principale et le hall du projet. Ce hall, par sa verticalité assure la jonction formelle et fonctionnelle de chacune des entités du programme et de la figure architecturale. Ses façades Nord et Sud, largement vitrées offrent une transparence sur la végétation arrière du projet. De jour comme de nuit ce hall-signal contribue grandement à la visibilité et l'identité du site.

Le visiteur entre dans le bâtiment par l’accès principal côté parvis. Il emprunte les emmarchements sous l’auvent et accède au hall principal qui se dilate verticalement en une triple hauteur d’étage. Cet espace spectaculaire dessert à l’ouest le pôle des publics (au rez de chaussée), le pôle opérationnel (au R+1), et le pôle institutionnel (R+2) grâce à un généreux escalier hélicoïdal. Le hall, comme les espaces de bureaux laissent à voir l’activité qui les habite, et reflètent la volonté de communication de l’institution.

A l’est, le hall principal se prolonge en un second hall d’accueil dédié à l’espace conférence. Il est mis en scène au sein d’un grand espace libre, tantôt intérieur, tantôt extérieur, adapté au caractère « évènementiel » du lieu. Les expositions qui prennent place dans le hall de l’espace conférence peuvent ainsi s’étendre dans cet espace agrémenté de terrasses accessibles. Ces terrasses sont protégées du soleil grâce à de longs brise-soleil horizontaux qui prolongent la toiture de l’espace.

Les employés accèdent à l’hôtel consulaire par la façade nord du hall traversant. Celui-ci se dilate en une généreuse terrasse extérieure, en balcon sur l’aménagement paysagé, intérieur de la parcelle.

Label prebat j’agis pour l’environnement

Le futur hôtel consulaire se veut exemplaire du point de vue du confort et des consommations d'énergie.

Nous avons adopté une stratégie low tech pour concevoir le bâtiment : il est donc précisément conçu et intrinsèquement optimisé sans faire appel à de coûteuses technologies.

Pour cela, l'orientation de chacune des entités a été soigneusement choisie :

  • nord / Sud pour les bureaux (orientation la plus adaptée à une protection solaire efficace)
  • plein Est pour l'espace conférence, appelé à fonctionner plus tard dans la journée que le reste du bâtiment.

Le système constructif confère au bâtiment une très haute inertie, de sorte à profiter l'été de la froideur nocturne emmagasinée grâce au free-cooling puis restituée le jour.

Tous les dispositifs coûteux en maintenance (terminaux de chauffage ou de rafraîchissement par exemple) ont été abandonnés au profit de planchers réversibles chauds et froids relayés par un appoint d'air traité en centrale.

Le confort du hall est assuré par un système de ventilation naturelle relayé par une grande paroi rayonnante.

Cette conception à forte valeur ajoutée environnementale s’exprime dans le traitement de l’enveloppe du bâtiment par l’utilisation du bois, des toitures végétalisées, de la brique blanche, et des cellules photovoltaïques en toiture : la démarche de la Chambre de Commerce est ainsi clairement revendiquée.

Le projet vise une consommation annuelle globale moyenne estimée par la méthode RT 2005 de 65 kWhEP/m²/an (excluant la bureautique, en sachant toutefois que la CCIE s’est déjà engagée dans un processus de forte réduction dans ce domaine).

Le projet présenté vise donc une consommation énergétique qui se situe à la moitié de l’exigence de la règlementation actuelle (RT 2005, exprimée techniquement par le Cepref – 50%) et qui correspond au « bâtiment basse consommation énergétiqu, BBC 2005).

Les économies d’énergies procurées par le futur bâtiment s’élèvent donc à 180 000 kWhEP en moyenne par année. Cela équivaut à une réduction annuelle de 4,5 tonnes équivalent CO² et une réduction de 3,1 kg/année des déchets radioactifs de faible ou moyenne activité à vie courte et de 0,62 kg/année des déchets à vie longue.

Ces performances sont exceptionnelles au regard de la réglementation française actuelle (RT2005) qui mesure les performances relativement à la forme et à l’architecture du bâtiment, mais elles correspondent  également à l’exigence exprimée en absolue (en kWhEP/m²/an) de la règlementation future.