Mixed Use Building

Djibloho, Guinée Equatoriale, 2012

Fiche Technique

Type

tertiaire - commerce - culture - tertiaire

Lieu

Djibloho, Guinée Equatoriale

Maître d’ouvrage

Gouvernement Guinée Equatoriale

Maître d’œuvre

Entreprise de construction : Sanyang

Architecture : enia architectes

Ingéniérie : EGIS Bâtiments International

Chef de projet : Hugues Tournier

Assistants : Sébastien Souan 

Surface

46 000 m²

Montant

200 M€ HT

Programme

Construction d’un vaste complexe intégrant : un musée, une zone tertiaire, un hôtel de 150 chambres, un centre commercial

Mission

Etudes

Statut

études

Date

2012

Une position géographique stratégique

Le bâtiment se situe au croisement de deux routes directement reliées aux grands axes principaux de la ville. Ce lieu surplombe une large zone paysagère qui se développe autour du fleuve du Wélé. Le projet doit prendre en compte l’urbanité d’un côté et la nature de l’autre tout en affirmant la centralité de la ville. La création d’un signal permet d’affirmer ce point stratégique. L’édifice doit être un élément sculptural reconnaissable, digne d’une grande capitale à l’échelle du pays, un repère qui donne à la nouvelle ville son identité : Un symbole.

Implantation et volumétrie

Le fleuve et le paysage dense jouent un rôle fondamental dans l’implantation du bâtiment. En venant s’aligner contre la route, l’orientation et l’ouverture de l’édifice côté sud oriente le projet vers le Wélé dans sa dimension la plus grande.

Le travail sur le rapport au sol permet de transformer la contrainte majeure, l’inondabilité, en élément de composition. Le décollement du socle et la situation privilégié en balcon par rapport à la topographie existante met en scène les éléments naturels qui structurent le site.

Le bâtiment trouve son identité en jouant le rôle de limite. Il ponctue une des avenues majeures du centre-ville et marque le passage de la ville vers un espace naturel d’envergure surplombant le fleuve Wélé.

Le parvis invite le visiteur à entrer dans le système, puis s’il le souhaite à le traverser pour  poursuivre son chemin en direction du parc paysager.  Un large espace est réservé à la détente au sud par l’aménagement de terrasses ouvertes sur le fleuve.

Le projet vient ainsi créer une transition entre urbanité et nature.

Le concept

Le projet doit assurer une transition intelligible entre deux milieux opposés:

  • la ville (minérale /contrôlée)
  • la nature (végétale / sauvage)

La dualité qui s’exerce entre ces deux éléments est très forte. Chaque environnement existe à travers la présence de l’autre. Mais où fini la ville ? De quelle manière commence la nature ? La notion de limite est fondamentale. La signification du site en dépend. Le concept du projet trouve sa logique dans la résolution de cette problématique. Il ne s’agit pas de construire un objet posé sur le territoire existant mais d’élaborer un dispositif à double sens : Un système qui permet au site de trouver sa force à travers le bâtiment et au bâtiment de trouver son sens à travers le site.

La réponse fonde son approche sur le travail du sol. La création d’un socle qui vient s’encrer dans la topographie du côté de la ville assure une transition réfléchie entre ces deux espaces :

  • le sol minéral de la ville se prolonge sur la partie supérieure du socle.
  • le sol végétal de la nature se répand sous le socle.

Les visiteurs ont ainsi la possibilité de traverser d’un environnement à l’autre. Le dispositif vient accueillir la tour pour créer un repère dans la ville. Cette dernière se présente comme un volume divisé en deux éléments. L’introduction de la faille est le moyen d’établir un signal dans le paysage lointain.

Les deux ailes se font face sur une grande hauteur. Elles communiquent entre elles. La faible distance qui les sépare créé un vide qui entre en résonnance. L’inclinaison des parois de la faille introduit une dilatation verticale et horizontale de l’espace.  La transformation du site s’effectue ainsi dans une démarche de composition dynamique du site et du paysage.

La  faille de la tour devient l’élément remarquable de la ville. A proximité du centre, près des deux axes majeurs, la tour est un repère structurant la ville.

Le socle horizontal intègre un parcours piéton du haut vers le bas permettant d’atteindre le pôle d’activité. Ce dernier contient 5290m² d’activité commerciale de plein pied, accessible en véhicule. Les flux des piétons et des véhicules sont ainsi séparés.

Le parvis de la tour est constitué d’espaces végétalisés et de patios permettant d’éclairer le centre commercial. A son extrémité Sud-Ouest, le cinéma constitue un volume qui vient terminer l’ensemble du système architectural. Dans la continuité du socle, au Nord, la création d’une canopée végétalisée forme une ombrière destinée au parc de stationnement. Celle-ci permet l’effacement des véhicules dans le paysage.

Le parcours et la zone de stationnement viennent définir le socle qui établit un dialogue avec le terrain naturel. Ce principe défini clairement les éléments fondamentaux de l’insertion du projet. La transformation du territoire met en scène le site et le bâtiment en créant un lieu unique. 

Une tour signal

Le choix d’un bâtiment vertical répond à deux objectifs majeurs :

  • créer un événement dans le territoire, un repère perceptible de très loin. A la fois lieu de vie, de travail, de détente, de culture, de passage, ce projet sera un des pôles centraux de la ville, point de départ de l’émergence d’un nouveau quartier de la ville.
  • s’abstraire de l’environnement immédiat et s’adresser au lointain, aux éléments géographiques structurants (La foret dense, le fleuve, les opérations de logement compact, …)

Un socle actif

Le socle du bâtiment permet d’absorber les différences de niveau du terrain naturel et crée une liaison entre la ville et le fleuve, par sa diversité de parcours et ses multiples activités commerciales. Le cinéma est accessible depuis le parvis ou depuis le centre commercial. En partie supérieure, ce dernier offre un bar au parvis, cet élément constitue ainsi une zone attractive extérieure.